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January 9, 2008

Wikipedia: Jean-Marie Le Pen

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Pour les articles homonymes, voir Le Pen.
Jean-Marie Le Pen
Parlementaire français
Naissance 20 juin 1928
Décès {{{décès}}}
Mandat Député 1956-1962
1986-1988
Début du mandat 1956
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription Seine
Paris
Groupe parlementaire UFF (1956-1958)
IPAS (1958-1962)
FN (1986-1988)
IVème République-Vème République

Jean-Marie Le Pen, né le 20 juin 1928 à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), est un homme politique français d’extrême droite (ou de «droite nationale», selon sa propre expression), issu des courants poujadistes. Il est président du Front national[1] (FN) depuis la fondation du parti.

Sommaire

Biographie

Origines, études et famille

Jean-Marie Le Pen interviewé dans sa maison de Saint-Cloud, le 10 novembre 2005.

Jean-Marie Le Pen à la fête des Bleu-blanc-rouge, le 8 octobre 2005.

Jean-Marie Louis Le Pen est le fils de Jean Le Pen, patron pêcheur, et d’Anne-Marie Hervé, couturière et fille de paysans. Pour le différencier de son père, ses parents le surnommèrent «Jeanjean». Toute sa famille est essentiellement originaire du département du Morbihan. Le mot penn signifie en breton «tête», d’où son surnom de «Menhir». Jean-Marie Le Pen devient pupille de la nation: le bateau dans lequel se trouvait son père ayant heurté une mine en 1942 (son nom figure d’ailleurs sur le monument aux morts de La Trinité-sur-Mer).

En novembre 1944, à 16 ans, il demande au colonel Henri de La Vaissière (alias Valin) à s’engager dans les FFI (Forces françaises de l’intérieur), qui préfère refuser: «Désormais, ordre est donné de s’assurer que nos volontaires ont bien 18 ans révolus. Tu es pupille de la nation: songe à ta mère[2]!». Le jeune Jean Marie aurait néanmoins fait partie d’une filière d’exfiltration d’aviateurs alliés.

Il est élève au collège jésuite Saint François Xavier à Vannes, puis au lycée de Lorient. Il entre ensuite à la faculté de droit de Paris, où il vend à la criée le journal de l’Action française, Aspects de la France[3]. Il est diplômé d’études supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il a été président des étudiants en droit de Paris puis, par la suite, président d’honneur de la «Corpo», de 1949 à 1951. Alors qu’il débute en politique, il fait changer son prénom de Jean en Jean-Marie, en fusionnant ses deux premiers prénoms. La raison de ce changement varie selon les sources, certains racontent qu’il l’aurait fait pour rendre hommage à son père [4]. Le mémoire pour le diplôme d’études supérieures de sciences politiques, rédigé en 1971, présenté par Jean-Marie Le Pen et Jean-Loup Vincent s’intitule Le Courant anarchiste en France depuis 1945.

Il tient une partie de son patrimoine de la vente de la société de cimenterie Lambert, que lui lègue par testament Hubert Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l’âge de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses revues nationalistes). Cette succession donne lieu à un début de poursuites judiciaires, qui sont abandonnées après négociation avec les cousins Lambert. Cette fortune le met à l’abri du besoin et aide son ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque là ses revenus des éditions phonographiques de la Serp. Il est assujetti à l’ISF depuis la création de cet impôt. Les dons aux partis politiques (comme des héritages) sont adressés à une association de financement. Jean-Marie Le Pen est condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette loi à tous les dons. Il est un temps vice-président du Comité Pierre de Coubertin, et exerce les métiers de marin-pêcheur, mineur de fond, métreur d’appartements, ambulant des PTT…

En janvier 1953, il organise une colonne de secours d’étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d’inondations aux Pays-Bas. Il reçoit pour cette initiative l’appui public et politique de Vincent Auriol. Il est alors président de la Corpo Droit à l’Université Paris II et représente cette faculté lors de différents congrès de l’UNEF où ses qualités d’orateur sont remarquées. En 1955, il est le délégué général de l’Union de défense de la jeunesse française.

Jean-Marie Le Pen est un ancien soldat des guerres d’Indochine et d’Algérie. Il arrive en Indochine en 1955, après la fin des combats, où il sert comme sous-lieutenant dans le 1er Bataillon étranger parachutiste. Il y est, entre autres, journaliste à Caravelle, l’organe du corps expéditionnaire français (1955). À cette époque, il montre déjà son goût pour la provocation, l’anti-intellectualisme et pour la préservation des mœurs: «La France est gouvernée par des pédérastes: Sartre, Camus, Mauriac» (L’Express, 18 mars 1955).

Repéré par Pierre Poujade, il est élu député de Paris en 1956 sous les couleurs de l’Union et fraternité française (UFF). À vingt-sept ans, il est le plus jeune député de l’Assemblée nationale. Il sera exclu de l’UFF en 1957. Cette même année, il devient secrétaire général du Front national des Combattants (FNC). À ce titre, il soutient la candidature d’un Français de confession musulmane, Ahmed Djebbour, qui est élu.

L’année suivante, il est réélu député de Paris Ve et adhère au groupe parlementaire du Centre national des indépendants et paysans (CNI) présidé par Antoine Pinay. Il est à cette époque rapporteur du budget de la guerre à l’Assemblée nationale et de la défense au Sénat de la communauté. Il quittera par la suite les bancs de l’Assemblée nationale et se porte volontaire pour se battre pour la défense de l’Algérie française.

Il a été accusé dans les années 1980 d’avoir pratiqué la torture durant cette guerre, sans cependant que ses accusateurs (dont certains ont été condamnés pour diffamation) aient pu apporter la preuve de leurs assertions.

Il participe plus tard à l’opération franco-britannique de Suez. Jean-Marie Le Pen est décoré de la Croix de la valeur militaire. Il estime que son engagement politique est fondé sur l’amour du peuple et de la patrie. Battu en 1962, Jean-Marie Le Pen crée une entreprise d’édition phonographique, la Serp (Société d’étude et de relations publiques), spécialisée dans l’édition de chants et de discours historiques. Il devient le directeur de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat à l’élection présidentielle de 1965.

En janvier 1971, sa maison de disques (la Serp) édite un disque intitulé Le IIIe Reich. Voix et chants de la Révolution allemande, ainsi qu’entre autres les chants de l’Armée rouge ou les discours des dirigeants communistes, comme Lénine, et un disque de chants israéliens[5]. L’un de ces disques lui vaut une condamnation en 1971 pour «apologie de crimes de guerre». En 1972, il est appelé à présider le jeune Front national (parti créé par Ordre nouveau, afin d’élargir son champ électoral) et continue son combat pour ses idées nationalistes. Les résultats électoraux du Front national sont en hausse constante depuis les élections municipales de 1983, à Dreux notamment.

Jusqu’ici titulaire de scores extrêmement faibles lors des scrutins, la forte poussée électorale de Jean-Pierre Stirbois à Dreux en 1983 (16,7%) puis une médiatisation de son discours suite à cette percée (invitation par Europe 1, radio privée, à l’automne 1983, puis sur Antenne 2, chaîne de télévision publique, en février 1984, notamment à L’Heure de vérité) l’aide à acquérir une dimension qu’il n’avait jamais atteinte auparavant, ce qui aboutit au score national de 10,95% de la liste qu’il conduit aux élections européennes de juin 1984 (il sera réélu en 1989, 1994, 1999 et 2004). La droite doit se positionner par rapport à Jean-Marie Le Pen, situation inédite depuis 1967-1968, car elle intégrait depuis l’essentiel de la droite nationale dans ses rangs. (Un certain nombre des cadres du FN vient des partis de droite, ou bien ont travaillé avec eux, notamment Bruno Gollnisch, Gabriel Domenech, Jean-Marie Le Chevallier, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret, ou encore Michel de Rostolan.)

En 1992 et 1998, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il rencontre le plus de succès dans des régions comme l’est et le sud-est de la France. Ces résultats s’expliquent en partie par de nombreuses tensions sociales, liées à la présence d’importantes communautés d’origine maghrébine; mais de forts résultats sont également enregistrés dans des communes très aisées comme Cagnes-sur-mer ou en milieu rural, pourtant épargné par l’immigration. Fin 1998, une scission avec Bruno Mégret handicape le Front national qui perd nombre de ses cadres et des milliers d’adhérents. Le FN chute à 6% aux élections européennes de 1999 et n’obtient que 6 sièges.

Par un décret du 31 mars 2000[6], le Premier ministre constate que l’inéligibilité de Le Pen, prononcée le 17 novembre 1998 à titre de peine complémentaire par la cour d’appel de Versailles (8e chambre)[7], met fin à son mandat de représentant au Parlement européen. Par un arrêt du 6 octobre 2000[8][9], le Conseil d’État rejette le recours de Le Pen contre ce décret. La présidente du Parlement européen ayant, le 23 octobre 2000, pris acte de la déchéance du mandat de Le Pen, Le Pen conteste la décision de la présidente devant les juridictions communautaires: il obtient d’abord le sursis à exécution de cette décision[10], mais ses recours au fond sont ensuite rejetés[11].

De son premier mariage avec Pierrette Lalanne (née en 1935), épousée le 29 juin 1960 à Paris (VIIIe arrondissement), et dont il divorce le 18 mars 1987, il a eu trois filles (Marie-Caroline, Yann, Marine) qui lui ont donné neuf petits-enfants. La plus jeune de ses filles, Marine Le Pen, est membre du Bureau politique du Front national et l’une de ses vice-présidentes depuis avril 2003 (à la suite du Congrès de Nice). Jean-Marie Le Pen se remarie à Rueil-Malmaison le 31 mai 1991 avec Jany Paschos née en 1932, divorcée de l’homme d’affaires belge Jean Garnier et fille d’un marchand de tableaux grec et d’une mère d’origine néerlandaise.

Parcours politique

Jean-Marie Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2007

Une ascension progressive

De multiples candidatures aux élections présidentielles

Jean-Marie Le Pen, novembre 2005

Jean-Marie Le Pen au meeting du Front national à Paris, le 25 mai 2005

Il se présente aux élections présidentielles de 1974, 1988, 1995, 2002 et 2007 (en 1981, il ne peut se présenter, faute d’avoir obtenu les parrainages nécessaires), en professant des idées nationalistes, dont certaines considérées par ses adversaires comme xénophobes et/ou extrémistes:

En 1988, entre les deux tours de l’élection présidentielle, par l’entremise de Pierre de Bénouville, il aurait rencontré discrètement Jacques Chirac, ce que ce dernier nie depuis toujours. Les deux hommes se portent une haine notoire qui date de ce moment. Une photographie montrant Chirac et Le Pen, en maillots de bain, se serrant la main lors d’une rencontre fortuite sur un lieu de vacances, a été exploitée par le président du FN dans ses spots de campagne en 2002.

En 2002

Lors de l’élection présidentielle de 2002, alors qu’il avait rencontré des difficultés à réunir les 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat et que son parti demeurait dans l’ombre depuis sa scission de 1998, il obtient 16,86% des voix. Cela lui permet, non seulement en raison d’un éparpillement des voix de gauche sur un grand nombre de candidats du premier tour mais surtout du fait d’une faible mobilisation des électeurs de gauche, de participer au deuxième tour contre Jacques Chirac, qu’il perd avec 17,79% des voix. Cette élection constitue un événement important dans la vie politique française dans la mesure où c’est la première fois qu’un candidat d’extrême droite passe le premier tour d’une élection présidentielle. Le traditionnel débat d’entre-deux-tours entre les deux candidats présents au second tour n’a pas eu lieu, son adversaire ayant refusé de débattre avec lui en direct sur les chaînes de télévision.

En 2007

Jean-Marie Le Pen lors de sa traditionnelle intervention du 1ermai (ici en 2007), après le défilé du Front national en hommage à Jeanne d’Arc

En vue de l’élection présidentielle et des législatives de 2007, Jean-Marie Le Pen a lancé un appel à différents partis et courants politiques pour constituer une «union patriotique» selon les termes suivants: «Je renouvelle mon appel à l’union patriotique, dont naturellement je prendrai la tête puisque je suis le mieux placé de tous les candidats qui se réclament de la droite nationale pour l’emporter[15]

Il s’agit pour lui d’éviter une dispersion préjudiciable des voix telle que celle qui a conduit à l’élimination de Lionel Jospin dès le 1er tour de l’élection présidentielle de 2002.

Bruno Mégret président du Mouvement national républicain (MNR), ainsi que le Parti populiste ont répondu favorablement à cet appel. En revanche, Philippe de Villiers président du Mouvement pour la France (MPF) a décliné l’offre évoquant même un aveu de faiblesse de la part du président du Front national[réf.nécessaire].

Jean-Marie Le Pen évoque fréquemment les difficultés qu’il éprouverait pour obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires à la validation de sa candidature. Il dénonce en particulier la publication des listes de parrains.

Le 20 décembre 2006, Bruno Mégret annonce officiellement son soutien à la candidature du président du Front national, lors d’une conférence de presse en compagnie de celui-ci, et scellent une «réconciliation personnelle et politique[16]».

Le programme économique de cette campagne est confié à Jean-Richard Sulzer, secrétaire général du groupe FN au conseil régional d’Île-de-France, professeur de gestion à l’université Paris-Dauphine et ancien centriste proche d’Edgar Faure et Raymond Barre.

Le score de Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 (3 834 530 électeurs et 10,44% des voix) a considérablement reculé par rapport à la précédente élection de ce type, ne lui permettant pas cette fois-ci d’atteindre le second tour. Le 1ermai, lors de sa traditionnelle intervention après le défilé du Front national en hommage à Jeanne d’Arc, Jean-Marie Le Pen invite ses électeurs à «s’abstenir massivement» au second tour[17], qualifiant le choix entre les deux candidats de choix entre «bonnet rose et rose bonnet[18]».

Après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a estimé que «les électeurs auront le président qu’ils méritent». Selon lui, «la France a voté contre une nouvelle catastrophe socialiste», mais il a immédiatement disqualifié le nouveau président, estimant qu’il aura «moins de pouvoir que le gouverneur d’un des États des États-Unis». Selon TNS-Sofres, seuls 19% des électeurs de Jean-Marie Le Pen auraient suivi sa consigne d’abstention. Un chiffre contesté par le président du FN: «d’après ce que j’ai à ma disposition, le nombre de bulletins blancs et nuls a triplé», a-t-il estimé[19].

La question de la succession

Évoquant la rivalité implicite entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen dans l’optique de sa succession, Jean-Marie Le Pen a déclaré, dans un entretien au Figaro du 6 novembre 2004:

«La succession n’est pas ouverte. Il y a peut-être des gens qui, le soir, mettent des épingles dans des poupées de vaudou en pensant à moi. Mais pour l’instant, je ne me sens pas hors de combat ni hors de situation.»

Il a également confirmé, à cette occasion, qu’il avait subi, avant et pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 2002, un traitement pour lutter contre un cancer localisé de la prostate, et qu’il en serait désormais guéri. Son seul problème de santé se limitant à cette époque, selon lui, à une arthrose de la hanche pouvant le contraindre à une «opération banale».

Prises de position

Propos polémiques

  • «Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. Quand on vous amène quelqu’un qui vient de poser vingt bombes qui peuvent exploser d’un moment à l’autre et qu’il ne veut pas parler, il faut employer des moyens exceptionnels pour l’y contraindre. C’est celui qui s’y refuse qui est le criminel car il a sur les mains le sang de dizaines de victimes dont la mort aurait pu être évitée.» Jean-Marie Le Pen dans un entretien accordé au quotidien Combat, le 9 novembre 1962. Il nuança ses propos le lendemain 10 novembre dans le quotidien parlant de «méthodes de contraintes» plutôt que de tortures.
  • «Croyons-nous pour autant que l’anarchisme triomphera comme force révolutionnaire et bâtira la société rêvée par Proudhon et ses disciples? Non. Nous sommes plus près de croire que la vocation de l’anarchisme est à la fois plus profonde et plus durable. La défense de l’homme, de sa personnalité, maintenant, demain et toujours et dans toutes les formes de société imaginables. Jamais la tâche ne sera achevée, la tâche de l’anarchisme, c’est de défendre l’individu de son annulation dans la communauté mais en sachant que la tension subsistera toujours.» (extrait de son mémoire de DES de sciences politiques Le Courant anarchiste en France depuis 1945, 1971).
  • Évoquant les malades du sida au cours de l’émission d’Antenne 2 L’Heure de vérité, le 6 mai 1987[20], il déclare: «Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la nation. (…) Le sidaïque, – si vous voulez, j’emploie ce mot-là, c’est un néologisme, il est pas très beau mais je n’en connais pas d’autre –, celui-là, il faut bien le dire, est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux, si vous voulez»;
  • Un scandale éclate lorsqu’il déclare le 13 septembre 1987[21], au Grand Jury RTL-Le Monde, à propos de la contestation, par des négationnistes, de l’utilisation par les nazis de chambres à gaz homicides: «Je n’ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Deuxième guerre mondiale». Son argumentation reposera plus tard, notamment lors de la conférence de presse du 18 septembre à l’Assemblée nationale[22], sur le fait que ces chambres à gaz ne sont pas le seul lieu où des gens ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale et, qui plus est, ne seraient pas mentionnées dans les Mémoires sur la Seconde Guerre mondiale de Winston Churchill (Plon, 1953), point qu’il n’avait pas mentionné sur le moment;
  • Le 2 septembre 1988[23], lors de l’université d’été du Front national au Cap d’Agde, il déclara: «Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l’ouverture dans laquelle il a d’ailleurs immédiatement disparu, a déclaré: “nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le parti communiste, lui, perd des voix tandis que l’extrême droite ne cesse d’en gagner…” M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu.» Auparavant, Michel Durafour avait déclaré lors d’un passage à la radio: «Nous voulons faire disparaître Jean-Marie Le Pen de la vie politique[réf.nécessaire]». Le principal argument de défense sera qu’un jeu de mot similaire («Le chef OAS d’Oran… Dufour crématoire») était paru précédemment dans le Canard enchaîné du 27 juin 1962, sans déclencher de polémique similaire[24].
  • Le 18 mars 1991, commentant sa condamnation pour «banalisation de crimes contre l’humanité» et «consentement à l’horrible», il déclare: «Les politiciens “internazis” [internationaux socialistes], corrompus et hypocrites du PS, et au premier rang François Mitterrand [...], ne se contentent pas de détrousser l’État et les citoyens.» (Le Monde, 20 mars 1991)
  • «Que faut-il que je fasse pour ne pas être raciste? Épouser une Noire? Avec le sida, si possible?» (Le Monde, 22 avril 1997)
  • Un autre propos, non relayé, concernait en 2001 le cinquantième anniversaire de la CECA: «Constatons que cinquante ans après la création de cet organisme, on ne fait pour ainsi dire plus ni de charbon ni d’acier en Europe. Voilà le brillant résultat des institutions européennes[réf.nécessaire]», ironisa-t-il.
  • Sur les homosexuels[25]: «La loi (…) n’a pas à légiférer au profit de lobbies organisés (…) prétendant imposer leurs comportements déviants en modèle social normatif. Je suis donc totalement défavorable à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.» (25 mars 2002)
  • À propos de la mise en place du CFCM: «Sarkozy veut enculter les Musulmans.» (propos attribués in petto, en 2003[26])
  • Le 20 février 2007, lors du congrès de la Fédération nationale de la chasse, il ironise sur les homosexuels en les assimilant à des chapons: «Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d’ouverture ou de fermeture, mais dans le marais de Picardie, on ne peut chasser le canard en février[27]

Certains lui reprochent ses débordements oratoires, ses références à l’Histoire de France, ainsi que des commentaires jugés en diverses occasions racistes et antisémites: il est pour certains condamné, pour d’autres relaxé. Il invoque souvent que cette forme d’expression est pour lui le seul moyen de se faire entendre, ses propos n’étant selon lui jamais retransmis par les médias que lorsque que ceux-ci estiment, à tort ou à raison, pouvoir s’en servir contre lui[réf.nécessaire].

Ses partisans soulignent quant à eux que son équipe comporte des personnes d’origines diverses, de confession juive comme Jean-Pierre Cohen, d’origine maghrébine comme Farid Smahi, ou antillaise comme Huguette Fatna. Ils affirment aussi qu’une partie de la communauté juive de France se serait rapprochée de ses idées, ressentant une pression de l’antisémitisme en France dont la responsabilité serait à imputer en partie à l’immigration musulmane que Jean-Marie Le Pen estime responsable de nombreux maux.

«Lepénisation des esprits»

Ce néologisme politique désigne «l’acceptation et l’appropriation progressive par le public de tout ou partie des thèmes développés par Jean-Marie Le Pen». L’une des premières occurrences figure dans le courrier des lecteurs du quotidien Le Monde, édition datée du 22 juin 1996. Le premier homme politique à employer ce terme fut Robert Badinter le 4 février 1997 lors du débat parlementaire à propos de la loi Debré sur l’immigration[28].

Procès

Condamnations

Jusqu’en avril 2007, Jean-Marie Le Pen a été condamné 25 fois.

  • Janvier 1960: condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 27 avril 1964: condamné pour coups et blessures volontaires (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 16 janvier 1969: condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris (Le Monde, 21 janvier 1992).
  • 14 janvier 1971: reconnu coupable par la Cour de cassation d’«apologie de crime de guerre». La pochette d’un disque édité par la Serp affirmait: «La montée vers le pouvoir d’Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu’il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée.» («La justice a plusieurs fois condamné le chef du FN pour des propos racistes ou antisémites», Le Monde, 24 avril 2002). La Cour écrit que «L’ensemble de cette publication était de nature à inciter tout lecteur à porter un jugement de valeur morale favorable aux dirigeants du parti national-socialiste allemand […] et constituait un essai de justification au moins partielle de leurs crimes» (Martine Aubry et Olivier Duhamel, Petit dictionnaire pour lutter contre l’extrême droite, éd. du Seuil, 1995, article «Justice»).
  • 11 mars 1986: condamné au franc symbolique par le tribunal d’Aubervilliers pour «antisémitisme insidieux» («La justice a plusieurs fois condamné le chef du FN pour des propos racistes ou antisémites», Le Monde, 24 avril 2002). La peine est confirmée en appel le 9 juillet. Jean-Marie Le Pen s’en était violemment pris à des journalistes juifs ou d’ascendance juive: «Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu’il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays.» Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n’avoir «appris le français que récemment».
  • 27 mars 1986: reconnu coupable d’apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre «un hymne du parti nazi» et «Vive Hitler».
  • 16 novembre 1987: condamné à 3 000 F d’amende et 8 000 F de dommages et intérêts à verser au Mrap pour «provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale» par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d’un tract lors des élections municipales de 1983. Condamné lors du même procès à 5 000 F d’amende pour «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale» pour ses propos lors d’une l’émission télévisée du 14 février 1984, selon lesquels «le monde islamo-arabe» constituerait un «danger mortel». Peines confirmées par la Cour d’appel de Paris (11e chambre) le 29 mars 1989.
    • 8 juin 1993: Cassation partielle[29] de l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale (condamnation concernant les propos tenus lors de l’émission télévisée). Pour la cour d’appel, Le Pen

      «met l’accent sur le “monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays” et le “danger mortel” pour les français de se voir ainsi “colonisés”; que de tels propos sont de nature à créer dans l’esprit des français l’idée qu’ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur territoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence»

      alors que pour la Cour de cassation,

      «les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n’étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n’avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l’immigration, la cour d’appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l’article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881»

  • Janvier 1991: condamné par le tribunal de grande instance de Lyon, pour «trouble manifestement illicite à l’ordre public», à retirer tous ses affiches et tous ses tracts faisant référence au sida[30]. La cour d’appel de Lyon la condamnation pour «utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l’immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées».
  • 18 mars 1991: condamné par la cour d’appel de Versailles pour «banalisation de crimes contre l’humanité» et «consentement à l’horrible» pour avoir déclaré:

    «Je me pose un certain nombre de questions. Et je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. [...] Si, c’est un point de détail au niveau de la guerre! Voulez-vous me dire que c’est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire? Que c’est une obligation morale? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions.»

    Jean-Marie Le Pen doit verser 10 F au MRAP, 100 000 F aux neuf autres associations s’étant portées parties civiles. Il doit faire publier le jugement à ses frais dans cinq quotidiens nationaux, à concurrence de 15 000 F, et dans cinq hebdomadaires, à concurrence de 30 000 F. En outre M. Le Pen est condamné aux dépens, et doit verser, au titre de l’article 700 du code de procédure civile, 1 000 F à chacune des dix associations («L’affaire du “point de détail” — La cour d’appel de Versailles aggrave les peines prononcées contre M. Le Pen», Le Monde, 20 mars 1991).

  • 27 mai 1992: condamné pour «diffamation» par le tribunal de grande instance de Paris à 1 F symbolique de dommages et intérêts à Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Marie Le Pen avait qualifié le député PS d’«ancien — ou toujours — trotskiste, et ami des organisations terroristes allemandes» (Le Monde, 7 juin 1992).
  • 3 juin 1993: condamné à 10 000 francs d’amende par la Cour d’appel de Paris «injure publique» au ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour, appelé «monsieur Durafour-crématoire» (Le Monde, 5 juin 1993). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.
  • 8 novembre 1995: condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour «oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer».
  • 15 novembre 1996: condamné le tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan à 10 000 F de dommages et intérêts pour avoir tenu des propos ayant «gravement porté atteinte» au président du tribunal d’Auch (Le Monde, 17 novembre 1996).
  • 6 janvier 1997: condamné à 6 000 F d’amende et 1 F symbolique de dommages et intérêts par la première chambre civile du tribunal de grande instance de Strasbourg pour avoir qualifié l’association Ras l’front de «mouvement de tueurs de flics» (Le Monde, 10 janvier 1997).
  • 4 juillet 1997: condamné à 5 000 F d’amende par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, pour avoir traité le président de SOS-Racisme, Fodé Sylla, de «gros zébu fou» lors d’une conférence de presse (Le Monde, 6 juillet 1997).
  • 26 décembre 1997[31]: condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages et intérêts à onze associations plaignantes, et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de grande instance de Nanterre pour «banalisation de crimes contre l’humanité, consentement à l’horrible», pour avoir dit lors d’une conférence de presse en compagnie de Franz Schönhuber, le 5 décembre 1997 à Munich que «dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s’appelle un détail». Le 10 septembre 1999, la cour d’appel de Versailles confirme la peine (Le Monde, 15 septembre 1999).
  • 2 avril 1998: condamné à deux ans d’inéligibilité (réduits à un an par la cour d’appel, qui ajoute 8000 F d’amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour «violences en réunion» et «injures publiques» (faits requalifiés par la Cour d’appel en «violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d’élue) lors des législatives de 1997 («La cour d’appel de Versailles condamne Jean-Marie Le Pen à un an d’inéligibilité», Le Monde, 19 novembre 1998; «Demi-clémence pour Le Pen», L’Humanité, 18 novembre 1998). Un an plus tard, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi («Le Pen condamné, Annette Peulvast “heureuse”», Le Courrier de Mantes, 2 décembre 1999).
  • 9 septembre 1998: condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l’effigie de Catherine Trautmann lors d’un meeting du Front national en mai 1996. Le tribunal parle d’«mise en scène macabre et choquante évoquant l’image de la mise à mort par décapitation visant d’une manière certes symbolique mais intolérable à l’élimination de l’intéressée», et estime que «l’agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d’hostilité excédant les limites admissibles d’un débat d’opinion dans une société démocratique» (Le Monde, 1er octobre 1998).
  • Novembre 1998: condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à 10 000 F de dommages et intérêts à l’Union des étudiants juifs de France pour avoir déclaré «Je crois à l’inégalité des races», lors de l’université d’été du FN, le 30 août 1996 (Le Monde, 27 novembre 1998).
  • 10 juin 1999: condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d’amende par le tribunal d’instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. «le point de détail» (MRAP, avril 2002)
  • 24 février 2003: La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi 24 février la condamnation de Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d’amende pour incitation à la haine raciale, pour des propos sur les musulmans parus dans Le Monde du 19 avril 2003.
  • 2 avril 2004: Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l’an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment «Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont. Et les Français raseront les murs, descendront des trottoirs en baissant les yeux.»). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l’homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation.
  • Le président du FN a également été condamné à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la LDH, partie civile (Le Monde, daté du 25 février 2005).

Condamnation, relaxes et procès gagnés

Depuis 1982, Jean-Marie a obtenu 23 fois gain de cause et été condamné en 2003.

  • 14 janvier 1982: TF1 et FR3
  • 21 décembre 1983: Georges Marchais
  • 31 octobre 1984: Hervé Bourges, Siné et Cabu
  • 22 novembre 1984: Stéphane Collaro
  • 23 octobre 1985: Serge July
  • 15 janvier 1986: Serge July
  • 15 janvier 1986: Michel Polac (deux procès distincts à la même date)
  • 16 décembre 1986: Jean-François Kahn
  • 23 mars 1988: le Canard Enchaîné est condamné à verser 100 000 francs de dommages-intérêts à Jean-Marie Le Pen pour avoir publié en «une», le 17 juin 1987, une photographie de Jean-Marie Le Pen à demi nu. Cette publication se voulait satirique, Pierrette Le Pen, l’épouse divorcée de Jean-Marie Le Pen, ayant posé nue dans Playboy. Le Canard Enchaîné affirma: «Il n’est pas dans nos habitudes d’intervenir dans les scènes de ménage, mais celle-ci est d’essence politique et de notoriété publique, nous ne pouvions garder par-devers nous un document comme celui-ci, et nous avons décidé de verser cette pièce au débat.». Jean-Marie Le Pen avait demandé en vain la saisie du journal, puis porté plainte pour «atteinte intolérable à sa vie privée».
  • 27 avril 1988: Jean-Pierre Elkabbach
  • 21 juin 1989: autre condamnation de Michel Polac
  • 21 octobre 1989: Jean-Jacques Servan-Schreiber
  • 25 octobre 1989: la 11e chambre de la cour d’appel de Paris condamne André Hochschiller dit André Carrel, directeur de publication de L’Humanité et René Vautier pour diffamation envers Jean-Marie Le Pen, en raison de la publication par le journal, le 29 septembre 1987, sous la plume de M. Vautier, d’un article titré «L’homme aux mains sanglantes», mettant en cause M. Le Pen en sa qualité d’officier parachutiste de l’Armée française, pendant la guerre d’Algérie. La cour d’appel confirmait par cet arrêt un jugement de la 17e chambre du Tribunal de grande instance de Paris en date du 14 décembre 1988[32].
  • 7 novembre 1989: Roger Fressoz
  • 12 février 1990: autre condamnation de Jean-François Kahn
  • 27 juin 1990: autre condamnation de Roger Fressoz
  • 11 juillet 1990: Alain Ayache
  • 11 octobre 1990: MRAP
  • 17 octobre 1990: la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris condamne Bernard-Henri Lévy à 1°) 10000 francs d’amende, 2°) à verser des sommes de 50000 francs à Jean-Marie Le Pen et 30000 francs au Front national, pour «diffamation» et «injure», 3°) aux frais de publication judiciaire dans 3 journaux. Il était notamment reproché à Bernard-Henri Lévy d’avoir, à la télévision, traité Jean-Marie Le Pen de «voyou» et de «tortionnaire», qui serait «entouré de voyous». L’arrêt sera partiellement infirmé par la cour d’appel en 1991[33].
  • 14 novembre 1990: Philippe Amaury
  • 28 novembre 1990: Costa-Gavras
  • 14 juin 1991: autre condamnation de Jean-François Kahn
  • 31 octobre 1991: la 11e chambre de la cour d’appel de Paris révise une grande part de l’arrêt du 17 octobre 1990 rendu par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. La plainte du Front national contre Bernard-Henri Lévy est déclarée irrecevable, tandis que Jean-Marie Le Pen est débouté pour l’incrimination contre le mot «tortionnaire» et que ses reproches sur le reste sont fortement minimisés. La cour retient la qualification d’«injure» et condamne BHL: 1°) 5000 francs d’amende, 2°) à verser une somme de 10000 francs à Jean-Marie Le Pen, 3°) aux frais de publication judiciaire dans 2 journaux[33]
  • 22 octobre 2007, la cour européenne des droits de l’homme a confirmé le jugement, rendu en 1999, condamnant Mathieu Lindon et son éditeur, ainsi que Serge July (dont le journal avait repris des extraits du livre) pour diffamation[34]

Anecdotes

Jean-Marie Le Pen aurait progressivement perdu son œil gauche suite à une cataracte traumatique, consécutive à une bagarre électorale le 28 mars 1958, où il défendait Ahmed Djebbour[35]. Les photos de l’époque indiquent cependant qu’il avait été blessé à l’œil droit, portant un bandeau sur cet œil durant quelque temps, mais sans en perdre l’usage. Selon certaines versions, Jean-Marie Le Pen serait plus tard devenu aveugle de l’œil gauche suite à une maladie. C’est en tout cas sur l’œil gauche qu’il portera un bandeau durant les années 1970[36]. Contrairement à certaines rumeurs, Jean-Marie Le Pen ne porte pas d’œil de verre.

Ouvrages de Jean-Marie Le Pen

  • Le courant anarchiste en France depuis 1945 (DES Sc.pol., université de Paris, 1971)
  • Les Français d’abord (Carrère Lafon, 1984)
  • La France est de retour (Carrère-Lafon, 1985)
  • L’Espoir (Albatros, 1989)
  • J’ai vu juste (Éditions nationales, 1998)
  • Lettres françaises ouvertes (Objectif France, 1999).

Jean-Marie Le Pen a également préfacé Droite et démocratie économique (1978) et Pour la France (Albatros, 1986).

Ouvrages consacrés à Jean-Marie Le Pen

  • Alain Rollat et Edwy Plenel, L’Effet Le Pen, Le Monde éditions, 1984
  • Id., La République menacée. Dix ans d’effet Le Pen, Le Monde éditions, 1992
  • Alain Rollat, Les Hommes de l’extrême droite: Le Pen, Marie, Ortiz et les autres, éd. Calmann-Lévy, 1985
  • Pierre Jouve, Ali Magoudi, Les dits et les non-dits de Jean-Marie Le Pen: enquête et psychanalyse, La Découverte – Enquêtes, Paris, 1988
  • Roger Mauge, La vérité sur Jean-Marie Le Pen, éd. France-Empire, 1988
  • Joseph Valynseele et Denis Grando, À la découverte de leurs racines, tome I, chapitre Jean-Marie Le Pen, L’Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, 1988
  • Le Pen, le vrai, Les Dossiers du Canard enchaîné, 1992
  • François Brigneau, La haine anti-Le Pen (Collection Mes derniers cahiers, Auto-édition François Brigneau, 1992
  • Gilles Bresson et Christian Lionet, Le Pen. Biographie, éd. du Seuil, 1994
  • Olivier Warin, Le Pen de A à Z, Albin Michel, 1995
  • Pascal Perrineau, Le symptôme Le Pen, Editions Fayard 1997
  • Franz Schönhuber, Le Pen, der Rebell, Verlag.-Ges., 1997
  • Maryse Souchard, Stéphane Wahnich, Isabelle Cuminal et Virginie Wathier, Le Pen, les mots. Analyse d’un discours d’extrême droite, Le Monde Éditions, 1997
  • Cabu, Le Gros Blond avec sa chemise noire, 1988; Le Retour du gros blond, 1998
  • Mathieu Lindon, Le Procès de Jean-Marie Le Pen (roman), P.O.L., 1998
  • François Brigneau, Jean-Marie m’a tuer, Auto-édition François Brigneau, 1999
  • Bruno Mégret, Le chagrin et l’espérance – Du FN au MNR, 1999
  • Hamid Bousselham, Torturés par Le Pen, éd. Rahma, 2000
  • Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, L’obsession du «complot mondialiste», La Découverte, 2000.
  • Collectif, Album Le Pen, ouvrage illustré, Objectif France, 2002
  • Yves Daoudal, La face cachée de Le Pen, éd. Godefroy de Bouillon, 2002
  • Michel Winock, «Les sources historiques du Front national», dans La France politique. XIXe-XXe siècle, éd. du Seuil, «Points-histoire», 2004.
  • Jacques Le Bohec, L’implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, deux volumes, L’Harmattan, 2004
  • id., Sociologie du phénomène Le Pen, La Découverte, Repères, 2005
  • Jacques Bompard, Le Pen contre le Front national, L’Esprit-public, 2006
  • Thierry Bouclier, Les Années Poujade. index: 35 citations de Le Pen, Editions Remi Perrin, 2006.
  • Anne Mascret et Anne-Laure Jeanvoine, Ce qu’on ne vous a pas dit sur Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen…, Éditions Viamedias, 2007.
  • Christophe Forcari et Marc Fauchoux, Le Pen, le dernier combat, Jacob-Duvernet, 2007.
  • Yvan Blot, Mitterrand, Le Pen, le piège, Éditions du Rocher, 2007.

Voir aussi

Articles connexes

Articles détaillés: Front national et Histoire du Front national.

Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Jean-Marie Le Pen.

Voir aussi sur Wikiquote les citations « Jean-Marie Le Pen ».
  • Site du Front National
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